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Communiqué de presse (26/01/2011)

Le taux de croissance de l’économie belge s’établirait à 2% en 2011

Conformément à la loi du 21 décembre 1994, l’Institut des Comptes nationaux a communiqué les chiffres du budget économique au ministre pour l’Économie et la Simplification administrative.

En comparaison avec la version précédente du budget économique (septembre 2010), l’estimation de la croissance du PIB belge pour 2010 a été revue à la hausse, passant de 1,8% à 2%. Les perspectives de croissance pour 2011 ont également été revues à la hausse, et ce de 0,3 point de pourcentage, pour désormais atteindre 2%. L’année passée, l’emploi a augmenté de 28 500 unités et devrait encore progresser de 37 600 unités en 2011 (moyennes annuelles). En raison de l’augmentation des prix des matières premières, l’inflation en Belgique, mesurée sur base de l’indice national des prix à la consommation, passerait de 2,2% en 2010 à 2,7% en 2011. Quant au solde de la balance des opérations courantes (définition balance des paiements), il resterait positif.

Bien que stabilisée, la croissance économique de la zone euro demeure fragile

Soutenue par des mesures monétaires et budgétaires substantielles, l’économie mondiale est sortie en 2010 plus rapidement que prévu de la récession de 2009. Toutefois, la croissance économique de la zone euro s’est ralentie au cours du second semestre en raison notamment de la suppression d’une série de mesures de soutien, d’un ralentissement de la croissance du commerce mondial et des mesures mises en oeuvre par différents États membres de l’UE pour réduire leur déficit public. Cette année, ces facteurs devraient encore peser sur la croissance du PIB de la zone euro, laquelle bénéficierait néanmoins de la reprise de la demande intérieure. Dans ce contexte, la croissance économique de la zone euro resterait modérée et passerait de 1,7% en 2010 à 1,5% 2011. Notons également que les États membres de l’UE devraient afficher des croissances divergentes. Ainsi, l’Allemagne devrait enregistrer une croissance nettement plus rapide que la moyenne de la zone euro, laquelle s’accompagnerait d’effets positifs pour ses pays limitrophes (dont la Belgique), tandis qu’une série d’autres pays verraient la croissance de leur PIB se maintenir à un niveau faible.

Le contexte économique international reste extrêmement incertain, notamment en ce qui concerne l’évolution future des cours du pétrole et des autres matières premières. Selon les récentes cotations du marché à terme, servant d’hypothèses dans les présentes perspectives, le cours du baril de pétrole brut s’élèverait en moyenne à 97 dollars cette année. Par ailleurs, la crise de la dette en Europe, qui, à ce jour, a principalement touché la Grèce et l’Irlande, est loin d’être passée. Une extension de la crise pourrait mener à une chute de la confiance, accompagnée d’une hausse des taux d’intérêt et d’un recul de la valeur du patrimoine du secteur financier et des ménages. Ceci constitue un risque important pour la prévision.

En 2011, la croissance du PIB belge devrait être soutenue à la fois par la demande intérieure et extérieure

L’économie belge s’est redressée au cours du second semestre de 2009 sous l’effet d’une reprise des exportations et d’une accélération de la croissance de la consommation privée. Sous l’impulsion de l’économie allemande, la Belgique a connu une forte croissance de son PIB (1,1%) au cours du deuxième trimestre de 2010, bien que cette prestation soit également due à un mouvement de rattrapage dans le secteur de la construction, qui a souffert de l’hiver rigoureux au cours du premier trimestre. Le tassement de la croissance enregistré au cours du troisième trimestre (0,4%) n’était donc pas surprenant, d’autant plus qu’un ralentissement de la croissance des marchés à l’exportation était attendu au cours du second semestre. Dans le courant de 2011, la croissance des exportations devrait de nouveau s’accélérer et la croissance de la demande intérieure devrait se renforcer, principalement sous l’impulsion des investissements. C’est pourquoi la croissance du PIB devrait progressivement passer de 0,5% au premier trimestre à 0,6% au cours du quatrième. Sur base annuelle, la croissance du PIB est estimée à 2% tant pour 2010 que pour 2011.

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Les exportations belges ont sensiblement progressé à partir de la mi-2009 grâce à la reprise de la conjoncture internationale. La croissance des exportations s’est toutefois ralentie au cours du second semestre de 2010, mais devrait légèrement repartir à la hausse cette année sous l’impulsion des débouchés extérieurs. Soutenue par un niveau de départ favorable, la croissance annuelle des exportations devrait être nettement plus élevée en 2010 (9,8%) qu’en 2011 (4,7%). Le rythme de croissance des exportations belges resterait inférieur à celui des débouchés extérieurs. La perte de parts de marché tendancielle observée dans le passé se poursuit.

En raison d’une perte de confiance liée à la récession, le taux d’épargne des particuliers a grimpé jusqu’à 18,3% en 2009, son plus haut niveau depuis 1996, entraînant un léger recul de la consommation (-0,3%), et ce en dépit d’une hausse de 1,6% du revenu disponible réel. En 2009, l’indexation des salaires et des allocations sociales a largement dépassé le taux d’inflation nul. A l’inverse, en 2010 et en 2011, l’indexation resterait inférieure à l’inflation, ce qui, combiné à la disparition progressive d’une série de réductions fiscales et à une quasi-stabilisation des salaires horaires avant indexation, a entraîné une légère diminution du revenu disponible réel en 2010 (-0,5%). En 2011, le pouvoir d’achat devrait augmenter au même rythme que le nombre d’heures travaillées (1,1%). Toutefois, grâce à un regain de confiance et à une amélioration de leur patrimoine, les particuliers devraient épargner moins qu’en 2009 (16,6% en 2010 et 16,2% en 2011). Par conséquent, la consommation privée augmenterait de 1,4% en 2010 et de 1,6% en 2011.

De 2008 à la mi-2010, les investissements en logements ont systématiquement reculé. Soutenue par un taux hypothécaire bas et une réduction temporaire de la TVA sur les nouvelles constructions et les rénovations, la construction de logements a commencé à se redresser légèrement à partir du second semestre de 2010. Sur base annuelle, on enregistrerait cependant un recul de 3,4% en 2010. Une timide reprise (1%) devrait intervenir en 2011.

Les investissements des entreprises ont commencé à se redresser au cours de l’année 2010. Cette reprise n’a toutefois pas suffi à compenser le recul important enregistré au cours de l’année 2009. C’est pourquoi, en moyenne annuelle, les investissements des entreprises ont affiché une croissance légèrement négative en 2010 (-1,1%), après la forte chute observée en 2009 (-8,1%). En 2011, la croissance annuelle des investissements des entreprises ne dépasserait pas 3%, compte tenu d’un taux d’utilisation des capacités de production industrielle n’ayant atteint sa moyenne de long terme qu’au troisième trimestre de 2010 et d’une croissance modérée de l’activité économique en 2011.

En 2011, la croissance en volume de la consommation publique se limiterait à 1,3%. En revanche, les investissements publics devraient, après s’être stabilisés en 2010, croître de 17,2% en 2011. Cette dynamique est principalement initiée par les administrations locales qui intensifient leurs dépenses à l’approche des élections communales et provinciales de 2012.

Le solde des opérations courantes reste positif

Sous l’impulsion de la reprise de l’activité économique, les importations augmentent, mais dans une moindre mesure que les exportations. Par conséquent, le surplus de la balance des opérations courantes (définition balance des paiements) passe à 1,2% du PIB en 2010, mais fléchirait à 0,9% du PIB en 2011 suite à l’augmentation des cours du pétrole.

L’emploi continue à progresser, le nombre de chômeurs diminue légèrement

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La récession a eu un impact plus limité sur l’emploi intérieur (en nombre de personnes) que ce que l’on aurait pu craindre initialement. Le net recul de la productivité horaire du travail et de la durée du travail en raison notamment du système de chômage temporaire, a permis de réduire fortement la chute de l’emploi. Par conséquent, la baisse (nette) moyenne de l’emploi en 2009 s’est limitée à 15 900 unités (-0,4%). En revanche, le volume de travail, exprimé en nombre d’heures, a diminué de 1,8%.

En dépit de la progression de la productivité du travail et de la durée du travail, le nombre d’emplois est reparti à la hausse en 2010. Au cours du premier semestre de 2011, la croissance de la productivité s’accélérant, la croissance de l’emploi devrait se tasser pour ensuite à nouveau s’accélérer. En 2010 et 2011, respectivement 28 500 et 37 600 emplois devraient en moyenne être créés sur base annuelle. Toutefois, la croissance du nombre d’emplois (respectivement 0,6% et 0,8%) resterait inférieure à celle du nombre d’heures prestées (respectivement 1% et 1,1%). Le taux d’emploi, qui était retombé à 63,4% en 2009 et 2010, remonterait à 63,7% cette année.

Alors qu’elle avait atteint 45 000 unités en 2009, la progression du nombre de chômeurs (en ce compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d’emploi) s’est limitée à 8 100 unités en 2010. Compte tenu de l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs devrait diminuer cette année de quelque 4 600 unités. En conséquence, le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) se stabilise à 8,4%.

L’inflation devrait s’élever à 2,7% en 2011

L’inflation belge, mesurée sur base de la croissance à un an d’intervalle de l’indice national (mensuel) des prix à la consommation, s’est accélérée au cours de l’année 2010 suite à la hausse des prix des matières premières. L’inflation sous-jacente a également progressé à partir de mai 2010.

Cette année, l’inflation sous-jacente devrait continuer à augmenter à mesure que la hausse récente des prix des matières premières se répercute dans le prix des autres biens et services. Toutefois, l’inflation totale devrait progressivement diminuer et passer d’un peu plus de 3% en janvier à 2,2% en décembre. Les cotations du marché à terme de début janvier indiquent que les prix des matières premières devraient quasiment conserver leur niveau actuel cette année, entraînant un tassement progressif de leur croissance à un an d’intervalle.Cependant, compte tenu de la hausse observée durant les derniers mois, l’inflation annuelle moyenne devrait passer de 2,2% en 2010 à 2,7% en 2011.

L’indice santé, qui n’est pas influencé par l’évolution des prix de l’essence et du diesel, a progressé de 1,7% en 2010 et devrait croître de 2,4% en 2011. L’indice pivot pour les traitements de la fonction publique et les allocations sociales a été dépassé en août 2010. Selon les prévisions mensuelles relatives à l’indice santé, l’indice pivot actuel (114,97) serait à nouveau dépassé en juin 2011.

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