La croissance de l’économie belge fléchirait quelque peu, de 1,4% en 2016 à 1,2% en 2017 (08/09/2016)

!

La version du communiqué disponible ci-dessous en format HTML ne contient généralement pas l'ensemble des informations reprises dans le communiqué en format pdf. Pour une version complète du communiqué (avec les graphiques et tableaux), veuillez télécharger le communiqué en format pdf disponible dans le cadre "PDF & downloads" situé à droite.

Conformément à la loi du 21 décembre 1994, l’Institut des comptes nationaux a communiqué les chiffres du budget économique au ministre de l’Économie. Ces prévisions macroéconomiques sont réalisées dans le cadre de la préparation du budget fédéral pour l'année 2017.

La croissance de l’économie belge pour l’année 2016 a été revue à la hausse par rapport aux perspectives de juin, suite aux bons résultats observés au deuxième trimestre. En revanche, la croissance du PIB belge de 2017 serait moins élevée en raison d’un facteur externe, à savoir l’incertitude croissante au sein de l’UE après le vote en faveur du Brexit. Toutefois, l’impact de ce facteur sur l’activité économique dans la zone euro (et en Belgique) est difficile à estimer à l’heure actuelle.

En 2017, la croissance de la zone euro fléchit légèrement …

Après deux années de croissance modérée, l’activité économique mondiale devrait légèrement se renforcer en 2017, sous l’impulsion des États-Unis et des pays émergents. En revanche, l’activité économique dans la zone euro resterait atone dès lors notamment qu’un risque majeur évoqué dans l’édition de juin du budget économique, à savoir le vote en faveur du Brexit, s’est matérialisé et a renforcé les incertitudes. L’impact effectif du Brexit sera fonction de plusieurs facteurs (tant économiques que politiques). Au sein de l’Europe, divers indicateurs de confiance se sont sensiblement repliés en août, tout en demeurant à ce jour à un niveau relativement élevé. Les incertitudes affecteraient principalement l’économie britannique à court terme, mais pèseraient aussi inévitablement sur la croissance du PIB de la zone euro. Sur base des prévisions consensus récentes, cette dernière fléchirait de 1,5% en 2016 à 1,3% en 2017.

... et déforce quelque peu la dynamique de l’économie belge

En 2016, pour la deuxième année consécutive, la croissance de l’économie belge s’établirait à 1,4%, principalement grâce à une croissance plus soutenue que prévu du PIB au second trimestre (0,5% contre 0,2% au premier trimestre). L’impact macroéconomique négatif des attentats de la fin mars semble avoir été largement compensé par la demande intérieure et extérieure. Compte tenu d’un contexte international moins porteur, on anticipe pour les prochains trimestres une croissance plus modérée mais stable de 0,3% par trimestre, ce qui, sur base annuelle, représente un léger fléchissement de la croissance économique à 1,2% en 2017.

Cette année, les exportations belges sont soutenues par l'évolution favorable des coûts intérieurs sous l’effet des mesures prises pour limiter le coût du travail. Toutefois, la progression du volume des exportations resterait limitée à 3,4% cette année (contre 4,9% en 2015), en raison du repli temporaire enregistré au premier trimestre. En 2017, la croissance des exportations serait freinée (3,6%) par le ralentissement conjoncturel en Europe. Les exportations nettes contribueraient même quelque peu négativement à la croissance économique. Cette évolution, conjuguée à une hausse du prix du pétrole, entraînerait l’année prochaine un léger déficit de la balance extérieure courante.

Le revenu disponible réel des particuliers augmenterait de 1,4% cette année, soutenu par l’augmentation nette de l’emploi (voir ci-après). En outre, un certain nombre de mesures ont un impact positif sur le pouvoir d’achat, lequel est toutefois partiellement neutralisé, entre autres, par la hausse de la TVA sur l’électricité à usage domestique, la majoration d’autres prélèvements indirects et le saut d’index. Compte tenu du léger ralentissement de la croissance économique, le pouvoir d’achat n’augmenterait que de 1% en 2017, en dépit d’une progression plus marquée des salaires (dans un scénario où n’interviendraient pas de nouvelles mesures de modération salariale). Compte tenu de la faible progression enregistrée durant le premier trimestre, la croissance en volume de la consommation des particuliers ne dépasserait pas 0,9% cette année ; le taux d’épargne des ménages serait ainsi temporairement en hausse. En 2017, les dépenses de consommation entameraient un mouvement de rattrapage et afficheraient une croissance de 1,4%, contribuant, dans une large mesure, à la croissance économique. La forte croissance en volume des investissements n logements en 2016 (6,5%) s’explique par une situation de départ favorable, compte tenu de la nette augmentation de la construction de logements au deuxième semestre de 2015 et au premier semestre de 2016. Ces investissements des ménages, toujours soutenus par des conditions de financement avantageuses, poursuivraient leur progression en 2017, laquelle s’élèverait à 2,1%.

En 2016, la croissance en volume des investissements des entreprises ne devrait pas dépasser 2,3%. Ce chiffre est fortement influencé par le contrecoup d’opérations exceptionnelles intervenues en 2014 et en 2015, en l’occurrence des acquisitions qui avaient dynamisé les investissements des entreprises mais sans influencer la croissance économique, vu qu’il s’agissait d’importations. Abstraction faite de ces opérations, les investissements des entreprises progresseraient de 6,2% cette année, soutenus par une rentabilité en hausse et des taux d'intérêt bas. En 2017, leur dynamique serait moins marquée (2,5%) en raison de perspectives de débouchés moins favorables ; ils progresseraient toutefois nettement plus rapidement que le PIB, et ce pour la quatrième année consécutive.

Compte tenu de l'ensemble des mesures connues, la croissance en volume de la consommation publique s’établirait à 0,1% en 2016 et à 0,6% en 2017. La croissance en volume des investissements publics en 2016 (2,5%) est attribuable, dans une large mesure, à la construction d’écoles par les autorités flamandes, alors qu’en 2017 (2,7%), elle serait stimulée par une hausse des investissements des autorités locales à l'approche des élections communales et provinciales de 2018.

Les mesures de réduction du coût du travail accroissent l’intensité en travail de la croissance économique

En dépit d’un recul persistant de l’emploi dans l’industrie manufacturière, l'emploi intérieur total a crû de 0,9% en 2015 (ce qui représente un accroissement net de 41 400 emplois). En 2016 et 2017, l’emploi total progresserait respectivement de 1% et 0,7%, ce qui représente une création nette de près de 77 000 emplois cumulativement pour les deux années. L’emploi salarié dans le secteur marchand (principalement en 2016) est influencé favorablement par les mesures de réduction du coût du travail, ce qui, combiné à une croissance économique relativement stable, pourrait déboucher sur la création nette de plus de 56 000 emplois sur l’ensemble des deux années. Au cours de cette même période, le nombre d’indépendants pourrait croître de plus de 21 000 personnes, et ainsi progresser relativement plus nettement que l’emploi salarié, comme au cours des quatre dernières années. En revanche, l’emploi public compterait, en 2017, 900 personnes de moins qu’en 2015.

Vu l’afflux moins nombreux qu’escompté de demandeurs d’asile au cours des derniers mois, la croissance de la population active a été revue à la baisse par rapport à l’édition de juin du budget économique. Cette évolution, conjuguée à une progression plus soutenue de l’emploi conduit à revoir à la baisse le chômage de 2016 et de 2017. Le nombre de chômeurs (y compris les chômeurs complets indemnisés non demandeurs d'emploi) diminuerait sur l’ensemble des deux années de 36 000 unités. Le taux de chômage harmonisé (définition Eurostat) passerait ainsi de 8,5% en 2015 à 8,2% en 2017.

L’inflation s’accélère nettement en 2016, avant de se tasser légèrement en 2017

L'inflation belge, mesurée sur la base de l'indice national des prix à la consommation, est tombée à 0,3% en 2014 et 0,6% en 2015, principalement sous l’effet de la baisse des prix du pétrole. En dépit de leur augmentation progressive, les prix du pétrole devraient, cette année, rester en moyenne inférieurs à leur niveau de 2015 ; simultanément, les cotations du gaz naturel et de l'électricité seraient en baisse par rapport à l'an dernier. L’inflation devrait cependant atteindre 2% en 2016. En effet, la contribution négative du prix du gaz naturel et des produits pétroliers est totalement neutralisée par la contribution positive du prix à la consommation de l’électricité. Ce dernier augmente sensiblement suite à l’introduction ou au relèvement d’un certain nombre d’impôts et de prélèvements et suite à la suppression des KWh gratuits auxquels chaque ménage de Flandre avait droit. En outre, l'inflation sous-jacente devrait être plus élevée en 2016 qu'en 2015.

En 2017, l’inflation devrait se tasser pour atteindre 1,6%, en raison de plusieurs facteurs qui se compensent partiellement. D’une part, le prix du pétrole brut augmenterait pour la première fois depuis 2012 mais, d’autre part, l’inflation sous-jacente fléchirait - sous l’effet, notamment, des mesures de réduction du coût du travail - et les pressions à la hausse qui découlent des mesures qui affectent le prix de l’électricité n’auraient plus qu’un impact inflatoire limité.

L’indice santé, qui n’est pas influencé par l’évolution du prix de l’essence et du diesel notamment, augmenterait de 2,1% en 2016 et de 1,4% en 2017. Sur base des prévisions mensuelles d’inflation du Bureau fédéral du Plan, l’indice pivot actuel pour les traitements de la fonction publique et les allocations sociales (103,04) serait dépassé en août 2017.

 

Pour plus d’informations:
Ludovic Dobbelaere, 02/507.74.22, ldo@plan.be
Filip Vanhorebeek, 02/507.74.12, fvh@plan.be

  Thématiques

  JEL

None

  Mots clés

None

Please do not visit, its a trap for bots