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Dans un souci de transparence et d’information, le BFP publie régulièrement les méthodes et résultats de ses travaux. Les publications sont organisées en séries, entre autres, les perspectives, les working papers et planning papers. Certains rapports peuvent également être consultés ici, de même que les bulletins du Short Term Update publiés jusqu’en 2015. Une recherche par thématique, type de publication, auteur et année vous est proposée.

Perspectives économiques 2017-2022 [Economic outlook 2017-2022]

Les Perspectives économiques publiées par le Bureau fédéral du Plan permettent de baliser un avenir « à politique inchangée » de l’économie belge pour les cinq prochaines années. Les Perspectives 2017-2022 s’inscrivent dans un contexte de reprise économique modeste en zone euro et se caractérisent par des mesures de politique économique au niveau belge favorisant l’intensité en emploi de la croissance.

Évolutions macroéconomiques

La reprise de l’économie mondiale est généralisée mais reste malgré tout limitée.

La croissance de l’économie mondiale devrait s’élever à 3,5 % en 2017 (après 3,1 % l’an dernier), soutenue à la fois par les économies avancées et les pays émergents. La dynamique des économies émergentes s’explique par la remontée des prix des matières premières, tandis que les économies avancées voient l’étau budgétaire se desserrer quelque peu. À partir de 2018, la croissance mondiale devrait se consolider et atteindre en moyenne 3,7 % jusqu’en 2022.

Croissance plus robuste de l’économie américaine et des pays émergents...

L’économie américaine devrait voir sa croissance passer de 1,6 % en 2016 à 2,1 % en 2017 et à 2,4 % en 2018 grâce à la reprise des investissements des entreprises, à une croissance solide dans la construction et à une politique budgétaire plus expansionniste. La progression du PIB américain devrait par la suite s’affaiblir et atteindre 1,7 % en 2022. La sortie de récession de la Russie et du Brésil, couplée à une activité économique dynamique en Inde, devrait permettre une reprise dans les pays émergents à partir de 2017-2018. À moyen terme, la croissance économique devrait s’accélérer dans la majorité de ces pays mais le ralentissement de l’économie chinoise limiterait la croissance de l’ensemble de ce groupe à 5 % à l’horizon 2022.

...alors que celle de la zone euro reste modeste.

La croissance économique de la zone euro devrait s'établir à 1,7 % cette année, soit une stabilisation par rapport à 2016. La disparition de l’impact positif de la baisse des prix énergétiques sur le pouvoir d’achat serait compensée par l’importance des créations d’emplois et la reprise des investissements. Sur la période 2018- 2022, la croissance économique, bridée par les faibles gains de productivité et une population vieillissante, devrait s’établir à 1,5 à 1,6 %, soit un rythme moins soutenu que celui enregistré durant les années qui ont précédé l'éclatement de la crise financière. L’inflation de la zone devrait s’élever à 1,6 % cette année sous l’influence de la remontée du prix du pétrole et des autres matières premières. Avec une progression des prix de l’énergie plus faible, l’inflation devrait retomber à 1,4 % en 2018 pour se redresser graduellement par la suite.

Un scénario international entouré de risques à la baisse mais également à la hausse.

Ce scénario international est entouré d’un certain nombre d’incertitudes au niveau mondial mais aussi européen. La plus grande incertitude réside dans l’orientation de la future politique budgétaire et commerciale des États-Unis qui implique des risques à la hausse comme à la baisse. Ensuite, la possibilité d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise ne peut être exclue. Enfin, au niveau européen, le processus de sortie du Royaume- Uni de l’Union européenne et la fragilité persistante du secteur bancaire constituent les principaux points d’inquiétude.

Le rythme de croissance du PIB belge s’accélère en 2017, se stabilise en 2018-2020 puis fléchit en fin de période.

En 2017, les composantes de la demande finale, à l’exception des investissements en logements et des exportations nettes, devraient afficher une croissance plus dynamique, permettant au PIB de croître de 1,6 % contre 1,2 % l’an dernier. Au cours de la période 2018-2020, le PIB belge maintiendrait ce rythme de progression de 1,5 à 1,6 %, semblable à celui de la zone euro. En 2021-2022, la croissance économique belge ralentirait quelque peu pour atteindre 1,4 % en moyenne, reflétant le moindre dynamisme de la consommation privée et des investissements.

La consommation des particuliers est soutenue par la progression du pouvoir d’achat en 2018-2019 puis par le repli du taux d’épargne.

La croissance du revenu disponible réel des particuliers devrait être un peu plus dynamique cette année (1,2 %) qu’en 2016 (0,9 %). Les dépenses de consommation des particuliers s’accéléreraient également (1,6 % contre 1,2 % en 2016), donnant lieu à une nouvelle baisse du taux d’épargne. En 2018 et 2019, la croissance du revenu disponible réel des particuliers devrait être particulièrement dynamique (respectivement 1,9 % et 2,0 %) suite entre autres aux réductions additionnelles d’impôts accordées dans le cadre du tax shift. Cette progression soutenue de leur pouvoir d’achat permettrait aux particuliers de, simultanément, maintenir une croissance élevée de leurs dépenses de consommation (respectivement 1,7 % et 1,4 %) et de relever leur taux d’épargne. Au cours de la période 2020-2022, la croissance du revenu disponible réel des particuliers retomberait, en l’absence de nouvelles mesures de baisse des prélèvements obligatoires, à 1,1 % en moyenne par an. Avec une progression annuelle des dépenses de consommation des particuliers de 1,3 % sur 2020-2022, le taux d’épargne serait à nouveau en recul.

Les investissements des entreprises se montrent dynamiques, ceux en logements progressent dans une moindre mesure…

Sur la période 2017-2019, la croissance du volume des investissements des entreprises s’élèverait à 3,1 % en moyenne par an. Ensuite, cette croissance ralentirait pour atteindre 2,2 % en 2022. Cette bonne dynamique s’explique par des perspectives de débouchés favorables, une rentabilité élevée et des taux d’intérêt réels qui demeurent, malgré leur remontée, historiquement bas. La croissance en volume des investissements en logements se limiterait à 0,3 % cette année, pénalisée par un premier trimestre décevant. Soutenus par des conditions de financement toujours attrayantes et par une évolution favorable du pouvoir d’achat, ces investissements progresseraient de 1,4 % en 2018. Cette modeste croissance devrait se confirmer par la suite, passant de 1,2 % en 2019 à 0,8 % en 2022, parallèlement à la remontée des taux d'intérêt à long terme.

…alors que les investissements des administrations publiques sont soutenus.

Les investissements des administrations publiques devraient afficher une croissance réelle soutenue en 2017 (3,5 %) et davantage encore en 2018 (8,3 %), année des élections communales. Le recul du total des investissements publics en volume en 2019 serait relativement contenu (-3,6 %), en raison du maintien d’une croissance forte des investissements des régions et communautés. En 2020, les investissements publics seraient à nouveau en très nette progression (6,8 %), principalement en raison d'importants investissements du pouvoir fédéral dans la Défense. En outre, les investissements réalisés dans le cadre du RER seraient en augmentation. En 2021 et 2022, la croissance de l’ensemble des investissements publics ne s’élèverait plus qu’à, respectivement, 1,8 % et 1,2 %.

En l’absence de nouvelles mesures, la croissance de la consommation publique remonte graduellement.

La consommation publique en volume devrait augmenter de 0,7 % en 2017 sous l’impulsion d’une progression des dépenses de soins de santé, alors que les rémunérations publiques enregistreraient une croissance nulle et les achats nets de biens et services un nouveau repli. À partir de 2018, sans nouvelles mesures, la croissance de la consommation publique en volume s’accélérerait progressivement, passant de 0,8 % en 2018 à 1,2 % en 2022. Au cours de cette période, la croissance de la consommation publique serait portée par celle des dépenses de soins de santé qui progresseraient en moyenne de 2,2 % par an.

La contribution à la croissance des exportations nettes est légèrement négative.

En 2017, la croissance des débouchés extérieurs de la Belgique devrait atteindre 3,7 %. De plus, la croissance des exportations belges serait soutenue cette année par l’évolution favorable des coûts intérieurs et par les effets d’une opération de réorganisation d’une grande entreprise pharmaceutique en 2016. Dans ce contexte, les exportations devraient progresser de 4,8 %. Au cours de la période 2018-2022, les marchés extérieurs pertinents pour la Belgique progresseraient à un rythme annuel moyen de 3,8 %. Cette progression des débouchés extérieurs, associée à la stabilisation de la parité euro-dollar et à une croissance à nouveau positive des coûts salariaux unitaires, se solderait par une augmentation du volume des exportations belges de 3,6 % par an en moyenne. Les importations devraient atteindre un rythme moyen de progression très légèrement supérieur (3,8 %) ; dès lors, les exportations nettes exprimées en volume auraient une contribution à la croissance économique faiblement négative sur l’ensemble de la période.

L’inflation atteint un peu plus de 2 % en 2017, mais recule ensuite à 1,6 % en moyenne.

L'inflation belge, mesurée sur la base de l'indice national des prix à la consommation, s’établirait à 2,1 % cette année (contre 2,0 % en 2016). En 2016, les prix belges à la consommation ont été poussés à la hausse suite à l’introduction d'un certain nombre de mesures comme l’augmentation de la contribution au Fonds Énergie qui est reprise dans la facture d’électricité en Flandre. En 2017, l’impact plus limité des mesures est toutefois annulé par la remontée des prix du pétrole. Suite à la politique de modération salariale des dernières années, le coût salarial par unité produite a enregistré une croissance négative au cours de la période 2014-2016. À partir de 2017, le coût salarial devrait de nouveau connaître une progression plus rapide, avec pour effet une hausse progressive de l’inflation sous-jacente. Au final, l’inflation resterait limitée à 1,6 % par an en moyenne au cours de la période 2018-2022.

Consommations d’énergie et émissions de gaz à effet de serre

La baisse tendancielle de l’intensité en énergie du PIB se prolonge et les émissions de gaz à effet de serre continuent à diminuer…

La mise en application de technologies peu énergivores, stimulées par des mesures spécifiques prises par les autorités compétentes, permettrait à la consommation finale d’énergie de se stabiliser au cours de la période 2017-2022. La tendance historique à la baisse de l’intensité en énergie du PIB serait ainsi confirmée. Les émissions de gaz à effet de serre passeraient de 114,9 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2016 à 108,9 millions de tonnes en 2022, soit une réduction de 25 % par rapport à leur niveau de 2005. Ce résultat favorable s'explique en grande partie par la baisse des émissions de CO2 d’origine énergétique suite aux modifications structurelles intervenues dans la consommation d'énergie en faveur de produits moins polluants et d’énergies renouvelables. Les émissions de CH4, N2O et de gaz fluorés seraient également en repli. Les émissions de CO2 d'origine non énergétique seraient par contre en légère augmentation.

...mais des efforts en matière de carburants renouvelables seront nécessaires pour atteindre les objectifs à l'horizon 2020.

La Belgique devra satisfaire à l’horizon 2020 à une série d'objectifs fixés par l'Union européenne dans le cadre du paquet Climat-Énergie. Pour les secteurs ne participant pas au système européen d’échange de quotas d’émissions, l'objectif de réduction de 15 % par rapport à 2005 serait atteint. Toutefois, afin de rencontrer l’objectif de 13 % de carburants renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie, des efforts additionnels devront être consentis.

Marché du travail

À moyen terme, la démographie contribue négativement à la croissance de l’offre de travail,...

Au cours des années 2016-2017, la croissance de la population d’âge actif (15-64 ans) est soutenue par les effets de la crise des réfugiés, mais à partir de 2018, elle renoue avec la tendance négative structurelle qui s’est dessinée au milieu des années 2000. En fin de période de projection, la population d’âge actif en vient même à se stabiliser, parce que le solde migratoire (toujours positif) contrebalance à peine l’évolution naturelle négative de la population d’âge actif, qui résulte du vieillissement des cohortes du baby-boom. Puisqu'en outre la structure de la population d'âge actif se modifie en faveur de la classe la plus jeune et de la classe la plus âgée, la contribution de la démographie au développement de l'offre de travail est légèrement négative à moyen terme. Cette évolution contraste nettement avec celle constatée au cours de la dernière décennie.

...ce qui n’est que temporairement compensé par la participation croissante dans les classes d’âge supérieures.

L’accroissement malgré tout relativement important de la population active à moyen terme (+111 000 personnes) est imputable à une évolution plus dynamique des taux d’activité. L’évolution négative de la participation dans les classes d’âge inférieures et moyennes semble marquer un coup d’arrêt, tandis que les mesures sur les fins de carrière dopent la participation dans les classes d’âge supérieures (55-64 ans). De ce fait, l’accroissement de la population active reste stable durant la période 2017-2020 (en moyenne +25 000 personnes par an), mais plonge ensuite véritablement (+10 000 personnes en 2021 ; +2 000 personnes en 2022) à mesure que la contribution des impulsions démographiques devient plus négative et que l’impact des mesures sur les fins de carrière atteint sa vitesse de croisière.

Croissance maîtrisée des coûts salariaux sur toute la période.

Le salaire horaire brut avant indexation dans le secteur des entreprises devrait augmenter de 0,4 % en 2017 et 0,7 % en 2018 conformément à la hausse maximale convenue dans le cadre du dernier accord interprofessionnel. Notons que le résultat des négociations reflétait déjà les restrictions imposées par la nouvelle loi relative à la promotion de l'emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité. Étant donné les réductions de cotisations supplémentaires accordées dans le cadre du tax shift et l’indexation, la hausse du coût salarial horaire devrait s’élever à 1,7 % en moyenne par an sur la période 2017-2018. Par la suite, la croissance annuelle moyenne du salaire coût devrait s’établir à 2,2 %. Cette progression serait tirée par la hausse de la productivité et la baisse du chômage mais tempérée par les restrictions imposées par la nouvelle loi et par les réductions additionnelles de cotisations sociales en 2020 accordées au secteur de la construction. Compte tenu de hausses annuelles moyennes de productivité de 0,5 %, le coût salarial unitaire devrait croître de 1,5 % par an au cours de la période 2017-2022. La part du coût du travail dans la valeur ajoutée des entreprises, qui représentait en moyenne encore plus de 64 % dans les années quatre-vingt, est tombée à 58,9 % en 2016 et ne devrait se redresser que très légèrement à l’horizon 2022 (59,5 %).

Progression considérable de l’emploi, à la faveur d’une croissance qui reste nettement intensive en main-d'oeuvre...

La progression de l’emploi intérieur s’est accélérée l’an dernier (+59 000 personnes) en raison d'une croissance particulièrement faible de la productivité dans le secteur marchand à laquelle la baisse du coût horaire réel du travail a contribué. Comme la croissance de l’activité dans le secteur marchand est relativement stable durant la période 2017-2020, le rythme d’augmentation de l'emploi est principalement déterminé par l'évolution de la productivité, qui est elle-même fortement influencée par l'évolution du coût salarial. Les mesures de réduction du coût du travail soutiennent la croissance de l'emploi en 2017 et en 2020 (respectivement +58 000 et +48 000 personnes), mais celle-ci ralentit au cours de la période 2018-2019 (+41 000 personnes en moyenne par an), à mesure que les salaires bruts avant indexation opèrent un mouvement de rattrapage et que les gains de productivité s'accélèrent. La croissance de l’activité dans le secteur marchand fléchit quelque peu en fin de période de projection, mais elle reste particulièrement intensive en main-d'oeuvre d'un point de vue historique, de sorte que l’emploi continue à s’accroître sensiblement (+37 000 personnes par an en moyenne). Le taux d'emploi1 grimpe de 67,7 % en 2016 à 70,0 % en 2020, ce qui est sensiblement en deçà de l'objectif de 73,2 % fixé par la Belgique à cet horizon, pour finalement atteindre 71,2 % en 2022.

...et amélioration des perspectives d’emploi dans les branches industrielles.

Sur l'ensemble de la période 2017-2022, l'emploi intérieur augmente de 262 000 personnes, soit à un rythme sensiblement plus rapide que durant les années qui ont suivi l'éclatement de la crise financière. Toutefois, l’accroissement de l’emploi dans les services marchands (+248 000 personnes) serait un peu plus faible que durant la période post-crise financière, parce que le nombre d’emplois titres-services augmente de manière nettement moins soutenue. La progression de l’emploi dans les services marchands s’explique de nouveau principalement par les nombreuses créations d'emplois dans les branches ‘santé et action sociale’ et ‘autres services marchands’ (+205 000 personnes pour ces deux branches ensemble). Les plus grandes différences avec le passé récent se situent dans le secteur de l’industrie manufacturière et de la construction. Alors que sur la période 2009-2016 plus de 90 000 emplois ont été perdus dans l’industrie manufacturière, une perte limitée à 15 000 emplois devrait être enregistrée d’ici à 2022. Dans le secteur de la construction, les créations d’emploi s’élèvent à 27 000 sur la période 2017-2022 (par rapport à une stabilité sur la période 2009-2016), soutenues par les réductions de cotisations sociales supplémentaires accordées au secteur à partir de 2020. Dans les services non marchands, l'emploi se stabilise en raison des mesures d'économie affectant la branche ‘administration publique et enseignement’, alors qu'il avait augmenté depuis 2009.

Le taux de chômage enregistre un net recul et s’affiche à un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le début des années 1980.

Le chômage a nettement diminué l’an dernier (-31 000 personnes) et continuerait à reculer de manière importante cette année (-34 000 personnes). L’intensité en main-d'oeuvre de la croissance dans le secteur marchand en est la cause directe. La baisse du chômage est moins prononcée durant les années 2018-2019 (en moyenne -15 000 personnes par an), parce que la croissance de l’emploi s’essouffle quelque peu alors que celle de l’offre de travail reste stable. Durant la deuxième moitié de la période de projection, la baisse du chômage s’accélère de nouveau (-29 000 personnes par an en moyenne), dans un premier temps (en 2020) parce que la croissance de l’emploi est soutenue par les mesures supplémentaires de réduction du coût du travail et ensuite (2021- 2022) parce que la croissance de l’offre de travail s’amenuise considérablement. Ainsi, le taux de chômage baisserait de 11,2 % en 2016 à 9,8 % en 2019 pour finalement atteindre 8,2 % en 2022, soit le niveau le plus bas depuis le début des années 1980.

Finances publiques

Le déficit public recule en 2017 mais, à politique inchangée, remonte dès 2019.

Les administrations publiques ont clôturé l’année 2016 sur un besoin de financement de 2,6 % du PIB, proche de celui enregistré en 2015. La prise de distance par rapport à la limite de 3 % du PIB du traité sur l’UE se confirme en 2017 et 2018, le déficit s’établissant ces deux années à 1,9 % du PIB. Toutefois, à moyen terme, une poursuite de la résorption du déficit nécessiterait des mesures de consolidation budgétaire additionnelles non encore décidées. En effet, à politique inchangée, le déficit augmente à nouveau en 2019 ; à l’horizon de la projection, il se monte à 2,3 % du PIB. Le déficit structurel se réduit de 0,6 % du PIB en 2017 mais s’accroît lors des années suivantes ; en 2019 (année fixée par le programme de stabilité pour un retour à l’équilibre structurel), il s’élève à 2,0 % du PIB.

L’amaigrissement des administrations publiques entamé en 2014 se prolonge jusqu’en 2019.

La taille du budget des administrations publiques en pourcentage du PIB s’est fortement réduite sur la période 2014-2016 : les recettes comme les dépenses primaires ont reculé de 1,9 % du PIB en trois ans. Les dépenses primaires continuent à reculer en 2017-2018, à concurrence de 0,8 % du PIB en deux ans, après quoi elles remontent lentement. Le recul des recettes marque une pause en 2017 puis reprend en 2018-2019, à concurrence de 0,9 % du PIB en deux ans. Les recettes en pour cent du PIB sont quasiment inchangées par la suite. À l’horizon de la projection, les recettes comme les dépenses primaires représentent encore près de 50 % du PIB.

Décrue modeste du taux d’endettement.

Le ratio d’endettement public par rapport au PIB diminue sensiblement en 2017 et 2018, puis ensuite de façon pratiquement insignifiante. Ainsi, il s’élève encore à 104 % du PIB en 2022. Le recul aurait été plus important en l’absence de certains facteurs financiers prévus pour les prochaines années (différence entre les intérêts échus et courus, prises de participation et octrois de crédit des régions) qui, bien qu’ils n’affectent pas le déficit, alourdissent la dette. Vu la remontée progressive des taux d’intérêt du marché à partir de 2017, la baisse des charges d’intérêt prend fin en 2020 après trois décennies de baisse ininterrompue.

À moyen terme, le déficit du pouvoir fédéral reste important.

La répartition des déficits par sous-secteur des administrations publiques est influencée, en 2018, par le passage au régime définitif prévu dans la loi spéciale de financement qui implique, d’une part, une réduction structurelle du taux des additionnels régionaux à l’impôt des personnes physiques (IPP) et, d’autre part, une correction du trop perçu par les régions en 2015-2017. Cette correction a pour effet que le déficit du pouvoir fédéral est temporairement réduit en 2018, tandis que celui des régions subit l’effet inverse. Le déficit du pouvoir fédéral (2,7 % du PIB en 2016) recule nettement en 2017 (à 1,9 % du PIB) grâce notamment à la baisse de ses frais de fonctionnement, des dépenses liées à la crise de l’asile et à la sécurité, de certains transferts non sociaux et des charges d’intérêt. À moyen terme, par contre, et malgré des frais de fonctionnement toujours très contraints, un déficit important subsiste (2,2 % du PIB en fin de période). Il découle des mesures de réduction de l’IPP en 2018 et 2019, d’un tassement de l’impôt sur le revenu des sociétés et de certains impôts indirects, des plans d’investissement connus et de l’augmentation des transferts à la sécurité sociale destinés notamment à compenser les mesures de réduction des cotisations sociales programmées jusqu’en 2020.

Le maintien de l’équilibre budgétaire de la sécurité sociale nécessite une hausse de la dotation d’équilibre ou des mesures additionnelles.

L’évolution des dotations d’équilibre versées par le pouvoir fédéral aux régimes de sécurité sociale des salariés et des indépendants est soumise au respect de différents critères de responsabilisation. La projection ne préjuge pas du respect de ceux-ci et retient l’hypothèse technique de dotations d’équilibre constantes après 2017. Il s’ensuit l’apparition à moyen terme d’un déficit dans la sécurité sociale (0,1 % du PIB en fin de période), vu la hausse des dépenses de pensions, d’indemnités de maladie-invalidité et de soins santé (dont la croissance excède la norme). Ce déficit est modéré par la baisse régulière des allocations de chômage, par la croissance des recettes de cotisations sociales favorisée par la dynamique de l’emploi et des salaires compte tenu de la compensation des mesures de réduction de ces cotisations, et par la progression du financement alternatif basé sur le précompte mobilier.

Un léger déficit persiste dans les communautés et régions.

Les finances des communautés et régions (considérées dans leur ensemble), proches de l’équilibre en 2016, enregistrent un léger déficit en 2017 qui se stabilise à 0,2 % du PIB à partir de 2019. Il résulte notamment de la réduction du taux des additionnels régionaux à l’IPP, de l’érosion des recettes de ces additionnels induite par les mesures fédérales de réduction de l’IPP et des conséquences budgétaires d’initiatives telles que le projet Oosterweel en Flandre ou le Pacte pour un enseignement d’excellence en Communauté française. Dans ce contexte, l’hypothèse de la poursuite des tendances restrictives imprimées à l’évolution générale des dépenses par les différentes entités fédérées ces dernières années explique la relative stabilité du déficit à moyen terme.

Les pouvoirs locaux sont globalement à l’équilibre.

Le léger surplus budgétaire enregistré en 2016 par les pouvoirs locaux disparaît dès 2017 suite notamment à la progression des dépenses d’investissement attendue en fin de cycle électoral. À moyen terme, les pouvoirs locaux restent proches de l’équilibre : dans les hypothèses de la projection, la prolongation des tendances restrictives des dernières années en matière d’évolution des dépenses compense l’érosion des additionnels communaux induite par les mesures fédérales d’allégement de l’IPP.

Les “ Perspectives économiques 2017-2022 ” ont été élaborées en tenant compte des informations disponibles le 31 mai 2017.

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  Auteurs

Ouvrage collectif
 
A : Auteur, C : Contributeur

Date(s)

20/06/2017

  Type de publication

Forecasts & Outlook

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