Page Title

Publications

Dans un souci de transparence et d’information, le BFP publie régulièrement les méthodes et résultats de ses travaux. Les publications sont organisées en séries, entre autres, les perspectives, les working papers et planning papers. Certains rapports peuvent également être consultés ici, de même que les bulletins du Short Term Update publiés jusqu’en 2015. Une recherche par thématique, type de publication, auteur et année vous est proposée.

Évaluation de la précision des prévisions à court terme du BFP - Une mise à jour [Working Paper 12-17]

Au sein de l’Institut des comptes nationaux, le Bureau fédéral du Plan est chargé de produire les prévisions macroéconomiques utilisées pour élaborer le budget du gouvernement fédéral. La présente étude est une mise à jour de l’analyse ex post  de la qualité de ces prévisions. Par rapport à l’étude précédente consacrée à ce sujet, l’échantillon s’est enrichi de six années supplémentaires et le nombre de variables évaluées a été augmenté, notamment avec des séries à prix courants. Par ailleurs, la présente étude examine également dans quelle mesure les erreurs de prévision observées s’expliquent par des erreurs commises sur les hypothèses exogènes liées à l’environnement international. 

Au sein de l’Institut des comptes nationaux, le Bureau fédéral du Plan est chargé de produire les prévisions macroéconomiques utilisées pour élaborer le budget du gouvernement fédéral. Selon ses principes directeurs, le BFP se montre aussi transparent que possible concernant ses prévisions, ce qui implique une description claire des hypothèses, mais aussi des outils et méthodes utilisés pour les établir. Suivant cette même philosophie, le BFP a régulièrement produit – de sa propre initiative – des évaluations ex post de la qualité de ses prévisions. Depuis que la loi du 28 février 2014 a modifié la loi du 21 décembre 1994 instituant l’Institut des comptes nationaux, cette évaluation est devenue obligatoire et doit être soumise à un comité scientifique. Le résultat de cette évaluation doit être rendu public et pris en compte de manière appropriée dans les prévisions macroéconomiques ultérieures.

Dans ce nouveau cadre légal, la présente étude est une mise à jour de l’analyse post-mortem des prévisions annuelles datant de 2012. Par rapport à ce précédent exercice, l’échantillon s’est enrichi de six années supplémentaires et le nombre de variables évaluées a été augmenté. Par ailleurs, la présente étude examine également dans quelle mesure les erreurs de prévision de la croissance économique et de l’inflation s’expliquent par des erreurs commises sur les hypothèses exogènes liées à l’environnement international.

Bien que plusieurs centaines de variables fassent l’objet de prévisions dans un budget économique, seules celles qui sont les plus pertinentes pour établir le budget seront étudiées dans cette évaluation. La croissance réelle du PIB et celle des catégories de dépenses ont été retenues, car elles sont les principaux indicateurs de l’activité économique. Par analogie, la croissance de l’indice des prix à la consommation et celle du déflateur du PIB et des déflateurs des catégories de dépenses sont les variables de prix qui seront étudiées dans la présente analyse. La croissance du PIB nominal et celle de ses principales catégories de revenus ont été retenues, car elles sont essentielles pour émettre une prévision précise des assiettes fiscales à l’impôt des sociétés et l’impôt des personnes physiques. Enfin, la croissance de l’emploi et celle du chômage ont été considérées comme les indicateurs les plus pertinents pour le marché du travail. Comme dans les analyses post-mortem précédentes, il a été décidé d’utiliser les premières  estimations disponibles des comptes nationaux comme réalisations pour évaluer la qualité des prévisions. Les erreurs de prévision se définissent comme la différence entre les prévisions et les réalisations.

La qualité des prévisions annuelles est évaluée pour trois exercices de prévision successifs, à savoir les prévisions de septembre pour l’année suivante et les prévisions de février et de septembre pour l’année en cours, en accordant une attention particulière aux deux premiers exercices. Les tests statistiques réalisés donnent les résultats suivants. Les erreurs de prévision de l’ensemble des variables diminuent à mesure que l’horizon se raccourcit, mais les prévisions pour l’année suivante présentent des erreurs absolues moyennes assez importantes et contiennent peu d’informations sur la variance autour de la moyenne de l’échantillon. Les erreurs sont particulièrement importantes en cas de ralentissements économiques marqués ou de variations soudaines de l’inflation. Toutefois, le biais positif observé pour les prévisions du PIB réel du premier exercice n’est pas statistiquement significatif et disparaît totalement en février. Quant au déflateur du PIB, il souffre d'un biais positif qui est significativement différent de zéro dans tous les exercices de prévision, ce qui entraîne une surestimation du PIB nominal. L’excédent brut d’exploitation est la catégorie de revenus qui capte la majeure partie de cette surestimation. Les prévisions de la croissance de l’emploi sont en moyenne trop pessimistes dans les trois exercices.

D’autres propriétés des erreurs de prévision sont également étudiées. Nous ne trouvons guère d’indications d’une persistance dans les erreurs de prévision. Les prévisions de février surperforment manifestement les prévisions naïves et ont un degré de précision plus élevé que les prévisions automnales de la Commission européenne pour la croissance économique et l’inflation. Les accélérations et ralentissements de la croissance sont anticipés dans la plupart des cas, et ce dans tous les exercices. Enfin, les révisions des prévisions tendent à être trop graduelles, mais c’est là une caractéristique typique des prévisions macroéconomiques. Globalement, les prévisions de la plupart des variables étudiées dans cette analyse possèdent les propriétés souhaitées, mais les prévisions de la consommation publique réelle, du déflateur du PIB, du déflateur de la FBCF et de l’excédent brut d’exploitation présentent des lacunes certaines. Par ailleurs, l’examen de l’évolution des erreurs de prévision par rapport aux résultats obtenus dans l’étude précédente montre que la précision des prévisions s’est améliorée globalement ces six dernières années par rapport à la moyenne historique mais que cette réduction de l’ampleur des erreurs est en partie attribuable, en particulier en ce qui concerne les variables en termes réels, à une diminution de la volatilité des réalisations.

Enfin, nous analysons dans quelle mesure les erreurs de prévision de la croissance économique et de l’inflation s’expliquent par des erreurs commises sur les hypothèses exogènes liées à l’environnement international. Des analyses de régression montrent que si l’évolution des marchés potentiels d’exportation avait été correctement anticipée, l’erreur absolue moyenne sur la croissance du PIB pour l’année suivante aurait été réduite de plus de 60 %. Si on suit une approche similaire pour corriger la croissance de l’IPC des erreurs commises sur l’évolution des prix à l’importation, l’erreur absolue moyenne pour les prévisions de l’année suivante diminue de 35 %.

  Documents associés

None

  Auteurs

Ludovic Dobbelaere (A), Igor Lebrun (A)
 
A : Auteur, C : Contributeur

Date(s)

29/09/2017

  Type de publication

Planning & Working Papers

Please do not visit, its a trap for bots