F 10 Consommation de viande

La consommation de viande est mesurée par deux indicateurs: la consommation apparente de viande par habitant répartie selon les types de viande et la consommation habituelle effective de viande par personne répartie selon le genre.
Problématique de développement durable

La consommation de viande fait partie de l'alimentation quotidienne de très nombreux individus dans les pays industrialisés. En quantités modérées, elle exerce des pressions positives sur la santé grâce à ses apports en protéines de haute qualité et en micronutriments essentiels tels que le fer, le zinc et la vitamine A. En Belgique, la consommation de viande recommandée pour des raisons de santé est de 75 à 100 g/jour/personne1 (ISSP, 2006a). Une consommation excessive de viande peut cependant exercer des pressions négatives sur la santé des individus. Le contenu élevé en graisses saturées de la viande augmente le risque de surpoids (voir F20) et accroît les risques de maladies cardio-vasculaires (voir F35). La consommation de viande rouge et de charcuterie est par ailleurs considérée "comme une cause convaincante ou probable de certains cancers" (Fonds mondial de recherche contre le cancer, 2007).

L'agriculture, en ce compris l'élevage, joue un rôle majeur dans le développement d'une société et dans la lutte contre la pauvreté. Cependant, la production intensive de viande exerce des pressions qui portent atteinte au capital environnemental et risquent à terme de réduire la production agricole. Il s'agit notamment des pressions suivantes: déforestation pour accroître les surfaces pour le bétail et la culture du fourrage; réduction du nombre d'espèces cultivées et élevées (car seules les espèces les plus productives sont cultivées ou élevées à grande échelle) qui porte atteinte à la diversité biologique; production de lisier qui accroît la pollution des sols et des eaux; émissions de gaz à effet de serre (voir F22) dues à la fermentation entérique qui contribuent au réchauffement climatique.

Indicateurs et concepts de base

Deux indicateurs permettent de mesurer l'importance de la viande dans l'alimentation. Ils sont établis selon deux méthodes différentes.

Données et analyse

Belgique - La consommation apparente de viande est passée d'environ 150 g/jour/habitant en 1955 à 200 g/jour/habitant en 1970 et à plus de 260 g/jour/habitant en 2005. Au cours de ces 50 dernières années, ce sont essentiellement les consommations de viande porcine et de viande de volaille qui ont augmenté. La consommation de viande bovine a quant à elle fortement baissé dans les années '70 et '80 et s'est stabilisée depuis autour d'une moyenne de 57 g/jour/habitant (voir figure 12).

Figure 12 Consommation apparente de viande par habitant répartie selon les types de viande en Belgique, 1955-2005
Figure 13 Consommation habituelle effective de viande par personne répartie selon le genre en Belgique, 2004

Source SPF économie - DGSIE, 2008.

Source ISSP, 2006b.

La consommation habituelle effective de viande s'élevait chez les belges de plus de 15 ans en moyenne à 120,7 g/jour/personne en 2004. Elle atteint jusqu'à 221 g/jour chez certains individus appartenant au percentile 97,5. Les femmes présentent une consommation habituelle de viande de 91,8 g/jour, inférieure à celle des hommes (152,3 g/jour) en 2004.

Union européenne - En 1999 (dernière année pour laquelle des données sont disponibles au niveau européen), la consommation apparente de viande s'élevait à 97,7 kg/an/habitant ou 267 g/jour/habitant dans l'UE-15 (Eurostat, 2008). Il s'agit d'un niveau supérieur à celui de la Belgique, qui était en 1999 de 91,40 kg/an/habitant ou 250,4 g/jour/habitant (SPF économie - DGSIE, 2008).

Monde - La consommation apparente de viande par habitant connaît au niveau mondial une croissance très soutenue. Elle est passée de 24,2 kg/an/habitant en 1964 à 36,4 kg/an/habitant en 1997. Cette croissance est surtout tirée par la consommation des pays en développement où la consommation de viande par habitant a plus que doublé, passant de 10,2 kg/an en 1964 à 25,5 kg/an en 1997 (WHO & FAO, 2003). Cette évolution est fortement liée à l'augmentation du niveau de vie et à l'urbanisation.

Objectifs stratégiques développement durable

Monde - Le Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable (2002) ne fait aucune référence à la consommation de viande, mais prévoit de "Développer ou renforcer, selon qu'il conviendra, des programmes de prévention, de promotion et de soins consacrés à des maladies non transmissibles, tels les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète, les affections respiratoires chroniques (...) et aux facteurs de risques connexes, notamment l'alcool, le tabac, un régime alimentaire malsain et le manque d'activité physique" (§54o).

Union européenne - Dans la Stratégie de développement durable renouvelée en 2006, il est prévu qu'"Une attention particulière sera consacrée à l'élaboration et à la mise en œuvre de stratégies et de mesures axées sur les déterminants de la santé liés au style de vie, tels que la consommation de drogues, le tabac, la consommation abusive d'alcool, l'alimentation inadaptée, le manque d'activité physique et les maladies chroniques" (§13, p. 15). Mais aucune mesure ne porte sur la consommation de viande.

Belgique - Bien que le PFDD 2000-2004 et le PFDD 2004-2008 encouragent un changement des modes de production et de consommation alimentaire non durables, ils ne comprennent pas de mesures spéci-fiques relatives à la consommation de viande.

Bibliographie
i. Sources spécifiques

CRIOC, IBGE (2007). Consommation de viande: un lourd tribut environnemental. Un dossier de l'Observatoire bruxellois de la Consommation durable - OBCD. Bruxelles: CRIOC.

Eurostat (2008). Tableau Développement durable - Indicateurs - Thème consommation et production durable - Consommation de certains aliments par habitant. http://ec.europa.eu/eurostat
(consulté le 15/09/2008).

Fonds mondial de recherche contre le cancer (2007). Alimentation, nutrition, activité physique et préven-tion du cancer: une perspective mondiale. Résumé scientifique du rapport. France: World Cancer Research Fund International.

ISSP (2006a). Enquête de santé par interview Belgique, 2004. IPH/EPI Reports N°2006-036, N° de dépôt: D/2006/2505/5. Bruxelles: Institut scientifique de santé publique.
http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/crospfr/hisfr/his04fr/his32fr.pdf (consulté le 15/07/2008).

ISSP (2006b). Enquête de consommation alimentaire Belge. 1-2004. Synthèse. IPH/EPI Reports N° 2006-15, N° de dépôt: D/2006/2505/16. Institut scientifique de santé publique.
http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/foodfr/table04.htm (consulté le 15/07/2008).

SPF économie - DGSIE (2008). Bilans d'approvisionnement (communication directe).

WHO & FAO (2003). Diet, Nutrition and the Prevention of Chronic Diseases. WHO Technical Report Series 916. Report of a Joint WHO/FAO Expert Consultation. Geneva: World Health Organization.

ii. Documents liés aux stratégies de développement durable

PFDD 2000-2004: Gouvernement fédéral (2000). Plan fédéral de développement durable 2000-2004.
http://server.host2mpact.be/poddo.be/
uploads/b_f_31.pdf (consulté le 31/10/07).

PFDD 2004-2008: Gouvernement fédéral (2004). Plan fédéral de développement durable 2004-2008. http://www.plan2004.be/fr.home.htm (consulté le 31/10/07).

Plan de mise en oeuvre du Sommet mondial pour le développement durable: ONU (2002) Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable. Organisation des Nations unies.
http://www.un.org/esa/sustdev/documents/WSSD_POI_PD/French/POIToc.htm
(consulté le 31/10/2007).

Stratégie de développement durable renouvelée en 2006: Conseil européen (2006). Nouvelle stratégie de l'Union européenne en faveur du développement durable. Adoptée par le Conseil européen lors de sa réunion des 15 et 16 juin 2006. Document 10917/06.

1 Cette recommandation dépend du sexe, de l'âge et de l'activité physique de chaque individu.