F 7 Dépenses de consommation des ménages
Problématique de développement durable
Les dépenses de consommation en biens et services des ménages sont influencées par des facteurs économiques tels que le revenu des ménages, l'offre et les prix des biens et services, mais aussi par des facteurs démographiques et sociologiques tels que les caractéristiques des ménages et le contexte sociétal (p. ex. la mode). L'évolution de ces différents facteurs implique des changements dans les modes de consommation et donc une transformation de la structure du budget des ménages (c'est à dire la réparti-tion de leurs dépenses de consommation entre différents biens et services). Certaines dépenses des ménages sont nécessaires à la satisfaction des besoins de base de l'être humain, telles que l'alimentation, le logement ou les soins de santé. Les autres dépenses dépendent davantage des modes de vie en société telles que les télécommunications, les loisirs... Ces dépenses de consommation exercent des pressions positives (p. ex. l'amélioration de l'état de santé due à une alimentation saine) et négatives (p. ex. la pollution due au transport) sur l'homme et son environnement. Dans l'optique d'un développement durable, les pressions négatives doivent être réduites notamment en changeant les modes de consommation non durables.
Indicateurs et concepts de base
Le total des dépenses des ménages est réparti selon les différents postes de consommation. Douze grands postes sont repris à la figure 8. Ils couvrent différents besoins de base des ménages et ont des impacts différents. Par exemple, les dépenses de mobilité ont des impacts environnementaux particulièrement importants. Ces dépenses de mobilité interviennent dans trois postes différents: Energie pour le carburant, Transports pour les achats de l'équipement (véhicules) et les services de transports et Autres biens et services pour les transports aériens.
Dans la figure 8, les différentes dépenses de consommation sont exprimées en parts des dépenses totales des ménages à prix courants et en taux de croissance annuel à prix constants.
Données et analyse
Belgique - La structure du budget des ménages s'est considérablement transformée entre 1970 et 2006. Les transformations les plus significatives sont la baisse des parts des dépenses des ménages consacrées à la satisfaction de certains besoins de base comme l'Alimentation (y compris boisson et tabac), l'Habillement et les chaussures, même si ces postes ont légèrement crû en quantité (+1,3 et 1,8 % en moyenne par an). En ce qui concerne l'alimentation (hors boisson et tabac), sa part a diminué de moitié: 11,2 % en 2006 contre 22,0 % en 1970. Quant aux dépenses de Combustible pour le chauffage, leur part a très légèrement baissé entre 1970 et 2006. Mais la part consacrée à l'électricité et au carburant, reprise dans le poste Energie, a augmenté, passant de 3,7 % en 1970 à 4,6 % en 2006. Cette évolution reflète notamment l'utilisation croissante de la voiture (voir F17) et des équipements électroménagers. La part des dépenses des ménages consacrée au loyer, qui correspond à un autre besoin de base, a plus significativement augmenté (de 10,9 % en 1970 à 15,0 % en 2006). Les autres parts des dépenses des ménages qui ont eu tendance à augmenter sont en général consacrées à des services: les Services de communication, les Soins médicaux et soins de santé, les Loisirs, l'éducation et la culture et les Autres biens et services. Dans le cas des Soins médicaux et soins de santé, il s'agit d'un effet de prix, puisque leur évolution à prix constants (+ 2,5 %) est modérée. Par contre, le poste des Services de communication s'est fortement accru (+ 5,0 %), de même que ceux des Loisirs (+ 3,3 %) et des Autres services (+ 3,5 %) à prix constants).
L'enquête sur le budget des ménages (SPF économie - DGSIE, 2008) montre par ailleurs que la structure des dépenses de consommation varie fortement en fonction du revenu. Pour les ménages les plus pauvres (1er décile), la part du budget allouée à certains besoins de base reste très importante. Ils consacrent par exemple 31,1 % de leur revenu au loyer tandis que les ménages les plus riches (dernier décile) y consacrent seulement 17,4 %. Les dépenses pour les biens et services qui permettent d'améliorer la qualité de vie des plus pauvres s'en trouvent limitées. Les ménages les plus pauvres consacrent ainsi 6 % de leur revenu aux loisirs, à l'éducation et à la culture tandis que les ménages les plus riches y consacrent 10 %.
Union européenne - La comparaison avec les évolutions européennes doit être faite avec précaution, car le contenu des postes de consommation est moins détaillé et ne recouvre pas exactement les mêmes biens et services. Cependant, les tendances sont semblables: entre 1995 et 2005, la part du poste alimentation a baissé. L'alimentation est ainsi devenue le troisième poste de consommation en terme de part occupée dans le total des dépenses des ménages (16 %), derrière le transport et les services de communications (16 %), et les loisirs (18 %). Les dépenses des ménages qui ont le plus augmenté entre 1995 et 2005 concernent le transport, les services de communication et les loisirs (Eurostat & EC, 2007).
Objectifs stratégiques de développement durable
Monde - Bien qu'il n'existe pas de convention ou d'accord international directement lié à cet indicateur, un objectif important du Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable (2002) est l'élaboration d'un cadre de programmes sur dix ans destinés au soutien des initiatives régionales et nationales visant à promouvoir des modes de consommation et de production durables (§15).
Union européenne - La Stratégie de développement durable renouvelée en 2006 insiste sur l'objectif général de "promouvoir des modes de consommation et de production durables, en tenant compte, dans les mesures destinées à assurer le développement social et économique, de ce que les écosystèmes peuvent supporter, et briser le lien entre croissance économique et dégradation de l'environnement" (§12, p.13).
Belgique - Les deux Plans fédéraux de développement durable contiennent des actions visant à changer les modes de consommation non durables qui pourront avoir un impact indirect sur la structure du budget des ménages.
Bibliographie
Bureau fédéral du Plan (2008). Banque de données Hermes.
Eurostat & EC (2007). Measuring progress towards a more sustainable Europe. 2007 Monitoring report of the EU sustainable development strategy. p. 112. Luxembourg: Office for Official Publications of the European Communities.
PF économie - DGSIE (2008). Thème société. Enquête sur le budget des ménages.
http://www.statbel.fgov.be/figures/download_fr.asp#3 (consulté le 15/09/2008).
PFDD 2000-2004: Gouvernement fédéral (2000). Plan fédéral de développement durable 2000-2004.
http://server.host2mpact.be/poddo.be/uploads/b_f_31.pdf (consulté le 31/10/07).
PFDD 2004-2008: Gouvernement fédéral (2004). Plan fédéral de développement durable 2004-2008. http://www.plan2004.be/fr.home.htm (consulté le 31/10/07).
Plan de mise en oeuvre du Sommet mondial pour le développement durable: ONU (2002) Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable. Organisation des Nations unies.
http://www.un.org/esa/sustdev/documents/WSSD_POI_PD/French/POIToc.htm
(consulté le 31/10/2007).
Stratégie de développement durable renouvelée en 2006: Conseil européen (2006). Nouvelle stratégie de l'Union européenne en faveur du développement durable. Adoptée par le Conseil européen lors de sa réunion des 15 et 16 juin 2006. Document 10917/06.
















