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L’industrie pharmaceutique belge : un secteur de haute technologie dont la compétitivité s’améliore (09/05/2019)

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Dans le cadre de l’Observatoire de l’industrie pharmaceutique, le Bureau fédéral du Plan a analysé la position compétitive de cette industrie en Europe. Acteur du redéploiement industriel vers des activités de haute technologie basées sur la connaissance, la pharmacie est une branche d’activité qui a engrangé d’importants gains de productivité tout en augmentant l’emploi. La mobilisation des ressources en faveur de l’innovation lui a permis de consolider sa position en Europe et continue de faire de la Belgique, une destination privilégiée pour la localisation de ses activités.

L’industrie pharmaceutique est une branche d’activité dynamique, productive et particulièrement rentable de l’industrie manufacturière belge, importante pour l’économie de par sa contribution aux exportations et son attrait pour les investisseurs directs étrangers. Elle se compose de relativement peu d’entreprises, souvent de grande taille et les entreprises multinationales y jouent un rôle prépondérant. Entre 2000 et 2017, l’intensité capitalistique du processus de production, définie comme le stock de capital en pourcentage de la valeur ajoutée, a diminué. Le processus de production se base de plus en plus sur du capital intangible (R&D) et du personnel qualifié, participant au développement d’activités d’innovation. La part de la valeur ajoutée dans la production s’est aussi réduite au profit des consommations intermédiaires dont une partie importante est importée. Il en résulte que cette branche d’activité, comparativement à d’autres branches industrielles, a relativement peu de liens avec le reste de l’économie belge et que son ancrage local est moins marqué.

Outre les trois principaux pays voisins que sont l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, la comparaison des performances de cette industrie se fait avec le Danemark, l’Irlande, la Slovénie et la Suisse, pays disposant d’une industrie pharmaceutique au moins aussi performante que l’industrie belge en termes d’importance dans l’économie, de contribution à la croissance et de contribution au développement d’activités innovantes. De cette comparaison européenne, il ressort que la compétitivité, tant interne qu’externe, de l’industrie pharmaceutique belge s’est améliorée entre 2000 et 2017. L’amélioration de la compétitivité extérieure a cependant surtout eu lieu avant la crise de 2008.

Parmi les facteurs susceptibles d’influencer la compétitivité de l’industrie pharmaceutique, l’analyse aborde les facteurs globaux liés à l’attractivité de la Belgique dans son ensemble et les facteurs spécifiques à la branche d’activité étudiée.

Parmi les pays de comparaison, la Belgique se trouve en queue de peloton en ce qui concerne l’attractivité globale de l’économie selon les institutions internationales (World Economic Forum, Banque Monsiale). Améliorer le fonctionnement de l’Etat (réglementation, digitalisation, efficacité de l’administration…) et celui des industries de réseaux, en particulier l’énergie, répondre aux besoins de main-d’oeuvre qualifiée et développer l’esprit d’entreprendre sont des actions qui permettraient d’améliorer l’attractivité de la Belgique aux yeux des entreprises.

Au niveau des facteurs spécifiques, plusieurs éléments influencent favorablement la compétitivité de cette branche d’activité.

La mobilisation de ressources en faveur de l’innovation y est particulièrement dynamique tant en termes de main-d’oeuvre, avec un quart du personnel employé dans les activités de R&D, qu’en termes de capital, avec un taux d’investissement en intangibles élevé et présentant une tendance croissante. Résultat de ces efforts, le taux d’innovation a fortement progressé ces dernières années.

Malgré une pression fiscale apparente et des taux de cotisations sociales qui restent relativement élevés en comparaison internationale, cette industrie bénéficie d’un fort soutien public, en particulier à travers les aides fiscales en faveur des activités de recherche et d’innovation. Ces aides fiscales (y compris subsides salariaux) ont augmenté rapidement depuis 2005 et représentent, en 2015, plus de 43 % du total des dépenses R&D de la branche. En 2015, le montant total des aides directes et fiscales à la R&D de l’industrie pharmaceutique atteignait 701,4 millions d’euros alors que les dépenses en R&D de la branche s’élevait à 1 591,4 millions d’euros. Le taux d’imposition effectif des sociétés pharmaceutiques est aussi particulièrement faible au regard du taux d’imposition effectif de l’ensemble des sociétés belges.

La mise sur le marché de nouveaux médicaments reste une opération administrativement complexe et relativement longue, mais l’harmonisation européenne offre de plus en plus de règles communes à l’industrie pharmaceutique des Etats membres de l’Union. La taille du 
marché belge du médicament, mesurée par les ventes en pourcentage du PIB, est plus grande que celle d’autres petits pays de la comparaison, Danemark, Irlande et Pays-Bas. La part de ce marché financée par les pouvoirs publics, à travers le remboursement des médicaments par la Sécurité sociale, en forte augmentation ces  dernières années, représente 70 % des ventes. Dans les pays de comparaison, cette part est comprise entre 44 % au Danemark et 84 % en Allemagne. Cette analyse permet de mettre en lumière les principaux défis à relever pour maintenir la position compétitive de cette industrie.

L’importante création de postes de travail en Belgique ces dernières années a fait évoluer l’économie vers le plein emploi pour les travailleurs qualifiés. Dans ce contexte, assurer un flux suffisant de chercheurs et de personnel de recherche ainsi que de spécialistes en TIC est une condition nécessaire pour maintenir la compétitivité-coût en évitant la matérialisation de pressions salariales plus fortes que dans les pays voisins et pour garantir la compétitivité non-coût par la poursuite du développement de nouveaux produits, processus de production et organisations. Les performances en termes d’innovation pourraient aussi bénéficier d’un renforcement des collaborations entre l’industrie pharmaceutique et les universités et centres de recherche. L’amélioration de la qualité de l’écosystème d’innovation est aussi un des facteurs augmentant l’ancrage domestique de l’industrie pharmaceutique et améliorant la diffusion de nouvelles connaissances dans l’économie.

L’ampleur de l’aide fiscale accordée à l’industrie pharmaceutique et le soutien public massif aux activités de R&D amènent à s’interroger sur la capacité de cette branche d’activité à maintenir sa position compétitive indépendamment de ces aides. La soutenabilité des finances publiques pourrait, en effet, conduire les autorités à vouloir rationnaliser les différents instruments d’aide à l’innovation. Cette pression pourrait aussi être renforcée par le mouvement qui semble s’initier au niveau européen pour stopper la concurrence fiscale entre les Etats membres et diminuer les incitations à la planification fiscale des entreprises multinationales.

Pour plus d’information:
Bernadette Biatour, 02/507.74.39, bbi@plan.be
Chantal Kegels, 02/507.74.30, ck@plan.be

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