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Evaluation des effets économiques de la faillite de la Sabena SA [Working Paper 03-02]

Cette note répond à une demande du ministre de l’ économie. Elle vise à fournir une estimation des effets de la faillite de la Sabena sa sur l’activité économique belge.

Pour rappel, la faillite de la Sabena sa est intervenue le 7 novembre 2001. La Sabena sa comptait à l’époque 7800 personnes et faisait partie avec Sabena Technics, dat, Sobelair et quelques autres filiales, du groupe Sabena qui au total, comptait plus de 12000 personnes. Après la faillite, s’est constitué un consortium d’investisseurs privés et publics chargé de récolter des fonds en vue de relancer une activité aérienne à partir de la dat.

Mesurer l’impact d’une telle faillite implique de nombreuses hypothèses tant du côté de l’offre (production et importations) que du côté de la demande (consommation des ménages et entreprises et exportations).

La perte de production engendrée par la disparition de Sabena sa dépendait fortement du sort qui serait réservé à dat. Trois scénarios ont été envisagés. Le premier suppose que la faillite de la Sabena sa entraîne celle de dat. C’est le scénario "catastrophe" qui aboutit à une perte de chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros et à la suppression directe de 8700 emplois. Ce scénario semble écarté depuis l’abandon d’une partie de ses créances par le centre de coordination (sic) et avec la création de sn Air Holding. Dans les deux autres scénarios, on suppose que la dat subsiste et qu’elle récupère, seule ou avec d’autres compagnies établies en Belgique, une partie plus ou moins grande de l’activité abandonnée par la Sabena sa. Ainsi, la production de dat passerait de 180 à 550 millions d’euros dans le scénario médian et à 687 millions d’euros dans le scénario le plus optimiste. Dans la foulée, et en fonction de la productivité de la nouvelle société, un nombre plus ou moins grand d’emplois pourraient être sauvés, mais il n’en reste pas moins que depuis la faillite, près de 6000 emplois directs semblent perdus pour le secteur.

Du côté de la demande intérieure, on a supposé que la clientèle belge voyagerait à peine moins qu’avant la faillite et qu’elle se tournerait vers d’autres compagnies aériennes établies en Belgique ou à l’étranger. Par contre, on a supposé que la faillite de la Sabena allait entraîner la quasi-disparition du trafic passagers en transfert sur l’aéroport de Bruxelles-National. Ce sont donc les exportations de transports aériens par la Belgique qui subiraient le contrecoup de la faillite et affecteraient finalement la demande globale.

Deux outils du Bureau fédéral du Plan ont été utilisés pour mesurer cet impact. Dans un premier temps, le modèle input-output a permis de mesurer les effets d’une réduction de la production de la branche des transports aériens, sur le niveau d’activité de toutes les autres branches de l’économie. Comme la réduction d’activité de la navigation aérienne a également des impacts macroéconomiques en termes de revenus, d’investissement, de prix, ..., cette première analyse a été complétée par une approche de type macrosectoriel, réalisée à l’aide du modèle hermes.

L’impact de la faillite de la Sabena sa sur la valeur ajoutée de la branche des transports aériens et de tous les secteurs en amont, a été évaluée par le modèle input-output à 1 milliard d’euros (en prix de 1995) dans l’hypothèse la plus favorable, à 1,3 milliard d’euros dans l’hypothèse médiane et à 1,7 milliard d’euros dans l’hypothèse la plus pessimiste. Il ressort également de l’exercice que l’ impact total est pratiquement le double de l’impact direct. En d’autres termes, les effets indirects sont pratiquement équivalents aux effets directs. En % du pib, l’impact sectoriel mesuré par l’input-output en prix de 1995, irait de 0,72 % dans le scénario catastrophe, à 0,45 % du pib dans le scénario le plus optimiste, en passant par 0,55 % dans le scénario médian.


En prix courants, l’impact serait plus faible car les prix de la valeur ajoutée des transports aériens ont sensiblement diminué depuis 1995, alors que le prix de la valeur ajoutée des autres branches continuait d’augmenter. L’effet direct s’en trouve considérablement réduit, ce qui n’est pas le cas des effets indirects dont la part relative augmente. En % du pib, l’impact total à prix courants serait de 0,49 % dans le scénario catastrophe, de 0,37 % dans le scénario médian et de 0,3 % dans le scénario optimiste.
Reste à prendre en compte l’ensemble des effets macroéconomiques engendrés par la faillite de la Sabena grâce au modèle macrosectoriel Hermès. Parmi les trois scénarios étudiés par l’approche imput-output, c’est le scénario médian qu’il a paru le plus réaliste d’introduire dans le modèle Hermès.


En tenant compte des effets de revenus et des mesures d’accompagnement décidées par le gouvernement, l’effet global en prix constants a finalement pu être évalué à quelque 0,65 % du pib en 2002. La perte d’emploi totale serait de 17000 personnes et le surplus extérieur baisserait de l’équivalent de 528 millions d’euros. Les finances publiques seraient également affectées puisque l’on verrait un gonflement du déficit de 830 millions d’euros (soit l’équivalent de 0,32 % du pib)

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  Auteurs

, Francis Bossier (A), Albert Gilot (A), ,
 
A : Auteur, C : Contributeur

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  Type de publication

Planning & Working Papers

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