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Trade-based measures of offshoring: an overview for Belgium [Working Paper 09-08]

Dans le contexte d’une globalisation économique croissante, les délocalisations font l’objet d’un vif débat qui porte aussi bien sur leurs causes et leur ampleur que sur leurs conséquences pour des pays développés comme la Belgique. La présente étude du Bureau fédéral du Plan entend apporter deux contributions à ce débat : une actualisation de la définition du concept de délocalisation (‘offshoring’ en anglais) ainsi qu’une présentation d’indicateurs pour mesurer indirectement les délocalisations à l’aide de statistiques du commerce extérieur pour la Belgique.

Les délocalisations sont un sujet régulièrement étudié par le Bureau fédéral du Plan depuis le milieu des années nonante. Tout en s’inscrivant dans la lignée des publications précédentes, cette étude propose une analyse critique de la définition du concept de délocalisation et fait le constat qu’il n’y a pas de consensus dans la littérature économique sur une définition précise. La définition retenue dans l’étude est simple : une délocalisation est un transfert par une entreprise d’une activité économique de la Belgique vers un autre pays. En termes de conséquences pour la Belgique, une délocalisation peut entraîner, par exemple, des pertes d’emplois ou une hausse des importations. L’étude vise aussi à clarifier un problème terminologique, le terme ‘outsourcing’ (sous-traitance) étant souvent utilisé à la place de ‘offshoring’ (délocalisation). Il y a, en effet, lieu de distinguer ces deux concepts même s’ils peuvent se recouper : le premier fait référence à un transfert d’activité en dehors des frontières de l’entreprise alors que, selon la définition, le deuxième désigne un transfert d’une activité vers un autre pays.

Des informations ponctuelles sur des cas de délocalisation sont publiées régulièrement dans la presse. Cependant, la recherche d’indicateurs pour mesurer l’ampleur du phénomène de façon systématique s’avère compliquée. Il n’y a que peu de possibilités de mesurer directement les transferts d’activités vers l’étranger sur base de statistiques officielles. Mais comme les délocali-sations donnent très souvent lieu à des importations de la production qui a été délocalisée, cette étude propose des mesures indirectes des délocalisations basées sur des données du commerce extérieur. Parmi ces mesures, l’étude identifie le degré d’utilisation d’inputs intermédiaires im-portés – c’est-à-dire des intrants importés – comme la plus appropriée. Il s’agit de l’indicateur le plus utilisé dans la littérature économique récente. L’idée sous-jacente est la suivante : dès lors qu’une entreprise belge délocalise une étape intermédiaire de son processus de production – autrement dit elle décide de fragmenter sa chaîne de valeur –, il y a une substitution d’une pro-duction belge par une production étrangère. Dans la plupart des cas, cette production étrangère est importée en Belgique et entre dans le processus de production comme input intermédiaire. Cette mesure est donc focalisée sur les délocalisations d’étapes intermédiaires du processus de production et elle est indirecte : l’ampleur des délocalisations est évaluée sur base des importa-tions engendrées. Bien sûr, les transferts d’activités qui n’entraînent pas d’importations ne sont pas pris en compte. Concrètement, l’étude retient comme indicateur la part des importations d’inputs intermédiaires hors produits énergétiques dans la valeur de la production pour l’économie dans son ensemble ou pour certains secteurs. Les données utilisées pour déterminer cette part à prix constants pour la Belgique couvrent les années 1995 et 2000 et proviennent des tableaux input-output développés au Bureau fédéral du Plan.

Les résultats montrent que la part des inputs intermédiaires importés dans la production est pas-sée de 18,3% en 1995 à 20,2% en 2000 pour le secteur privé. Même s’il s’agit d’une mesure indirecte, cela implique que les délocalisations sont un phénomène important pour l’économie belge et qu’elles étaient en hausse sur la période 1995-2000. Mais cette hausse reste limitée. La part est plus élevée dans l’industrie manufacturière que dans les services marchands : 35,2% contre 12,4% en 2000. Parmi les secteurs avec une part élevée d’inputs intermédiaires importés dans la production se trouvent notamment la construction automobile et la fabrication d’équipements radio et télévision. Cependant, la croissance de cette part dans les services mar-chands dépasse largement celle dans l’industrie manufacturière. La dynamique est donc en train de changer par rapport au profil classique : au départ, les délocalisations étaient surtout concen-trées dans l’industrie manufacturière, mais elles prennent de l’ampleur dans le secteur des ser-vices.

Ensuite, l’étude scinde les inputs intermédiaires importés en biens manufacturés et en services. Les résultats indiquent que les inputs intermédiaires importés sont pour la plupart des biens manufacturés, mais qu’il y a, entre 1995 et 2000, une forte hausse de la part des importations de services intermédiaires dans la production. Cette hausse concerne aussi bien les branches de services marchands que l’industrie manufacturière. Par contre, la croissance de la part des im-portations de biens intermédiaires manufacturés est faible dans l’industrie manufacturière. Cela montre que l’industrie manufacturière a de plus en plus tendance à délocaliser des activités de services. Ce résultat confirme le changement de profil dans les délocalisations.

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Planning & Working Papers

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