Évolution de la population belge d’ici 2070 : éclairage sur la panne de fécondité à moyen terme et confirmation du vieillissement de la population à long terme (24/01/2019)

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Le Bureau fédéral du Plan publie ses projections démographiques 2018-2070. Dans cette projection de référence, la population belge passe de 11,4 millions au 1er janvier 2018 à 13,2 millions d’habitants en 2070. Cet exercice fait notamment l’hypothèse que la fécondité, en baisse depuis 2010, repart progressivement à la hausse pour atteindre en 2030 un niveau observé avant 2010.

Economie et fécondité feront-elles encore bon ménage ?

Le nombre d’enfants par femme est passé de 1,8 en 2009 à 1,6 en 2017. Cette baisse s’explique surtout par une baisse de la fécondité des femmes âgées entre 20 et 29 ans. Cette évolution peut en partie s’expliquer par une volonté à ces âges de retarder les naissances en raison de la crise économique et financière déclenchée en 2008 et de ses conséquences qui ont plus particulièrement affecté les jeunes ménages.

Les séries historiques de l’indicateur de confiance des consommateurs et de la fécondité mettent en évidence une relation positive entre ces deux éléments durant la période 1973-2008 : quand l’indicateur de confiance est en hausse, la fécondité suit (et inversement). La crise économique et financière déclenchée en 2008 a également conduit à une baisse de la confiance des consommateurs en 2008 et 2009, suivie par une baisse de la fécondité. Cependant, malgré la reprise de l’indicateur de confiance des consommateurs (certes avec un nouveau fléchissement en 2012), la fécondité ne repart pas encore à la hausse. Le climat économique général reste marqué par une plus grande incertitude et des difficultés pour décrocher un travail stable, ce qui peut retarder la cohabitation, et rendre plus difficile l’accès au marché locatif ou l’achat d’un logement. Or, il s’agit souvent de prérequis pour concrétiser un projet de naissance.

Une reprise plus lente de la fécondité à moyen terme

Les perspectives démographiques 2018-2070 tablent tout de même sur une reprise de la fécondité, mais à un rythme moins soutenu que par le passé. En dépit de l’incertitude qui règne encore sur le marché du travail et des difficultés d’accès au marché du logement, le désir de créer une famille reprendrait le dessus sur les difficultés économiques. La fécondité remonterait ainsi progressivement à 1,88 enfant par femme en 2030. Sous cette hypothèse, le nombre total de naissances en Belgique sur la période 2018-2030 s’élève à 1,5 million. Les précédentes projections tablaient sur une reprise de la fécondité dès 2020. Les nouvelles observations et les explications brièvement citées ci-dessus nous ont amenés à revoir cette hypothèse en étant plus prudent au niveau de la reprise de la fécondité. Cette mise à jour réduit le nombre total de naissances de 100 000 sur la période 2018-2030.

Des certitudes : le vieillissement de la population belge et une augmentation des ménages d’une personne.

La génération du babyboom sort progressivement de la population d’âge actif. Associé à une espérance de vie qui augmente, le vieillissement de la population est une certitude. Dans le scénario retenu, la part des 67 ans et plus grimpe de 16 % en 2018 à 23 % en 2070. Actuellement, la Belgique compte 1 personne de 67 ans et plus pour 3,8 personnes âgées entre 18 et 66 ans. En 2070, ce rapport est de 1 pour 2,5. La génération du babyboom accélère le vieillissement de la population jusqu’en 2040. Par la suite, le vieillissement se stabilise. La part des 67 ans et plus est supérieure à celle des 17 ans et moins dès 2030. En outre, la part des ménages d’une personne augmente sensiblement (de 34% en 2017 à 42% en 2070), cette évolution étant entre autres liée au vieillissement de la population.

La Région de Bruxelles-Capitale, poumon jeune de la Belgique

Du fait de sa population relativement jeune, la Région de Bruxelles-Capitale est affectée dans une moindre mesure par le vieillissement. Ce dernier stoppe néanmoins le rajeunissement actuel de la population bruxelloise. La part des 67 ans et plus passe de 11 % en 2018 à 16 % en 2070. De même, la Région de Bruxelles-Capitale compte actuellement 1 personne de 67 ans et plus pour 5,5 personnes âgées entre 18 et 66. En 2070, ce rapport est de 1 personne de 67 ans et plus pour 3,8 personnes âgées entre 18 et 6 ans. La part des 0-17 ans reste supérieure à celle des 67 ans et plus sur l’ensemble de la période de projection, ce qui n’est pas le cas dans les deux autres régions du pays.  Le nombre de ménages d’une personne dans la Région de Bruxelles-Capitale reste stable en projection.

Qu’est-ce qu’une projection démographique ?

Une projection démographique détermine une croissance de la population et des ménages à long terme. Elle se base sur un scénario d’évolution future de la migration internationale, de la migration interne, de la fécondité, de la mortalité et des différentes formes de vie commune. Ce scénario est établi sur la base des connaissances scientifiques actuelles et des tendances observées dans des contextes socio-économique et démographique donnés.

Quelle est l’utilité d’une projection démographique ?

Elle constitue un outil d’aide à la décision dans de nombreux domaines et permet de cadrer les débats sur l'avenir de notre société dans ses différentes dimensions, telles que l’économie, la mobilité, le logement, l’énergie, l’urbanisation, la santé, le vieillissement, l’environnement, etc. Elle ne prétend cependant pas fournir le nombre exact d'habitants ou de ménages attendus à un horizon donné.

 

 

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