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Modélisation de la fécondité dans les projections de population – Le cas de la Belgique [WP 03-20]

Ce Working Paper présente la méthodologie qui est appliquée depuis 2020 dans le modèle utilisé pour élaborer les perspectives de population pour la Belgique. Cette méthodologie considère que la fécondité est déterminée à la fois par des facteurs structurels (la formation, la participation au marché du travail, etc.) et conjoncturels (le cycle économique, etc.).  Ces facteurs sont pris en compte par le biais de trois canaux : (1) l’avis d’experts sur l’évolution à long terme de la fécondité, (2) l’évolution du calendrier de la fécondité et (3) les effets de déterminants conjoncturels et structurels de la fécondité estimés à l’aide d’un modèle à correction d’erreur.

Les méthodes de projection de la fécondité sont multiples et variées. Elles peuvent se baser sur des méthodes probabilistes ou déterministes en ayant recours à des modèles explicatifs ou se baser sur l’extrapolation de séries temporelles. Elles peuvent également tenir compte de l’avis d’experts. Certains modèles peuvent encore se limiter à projeter les naissances en multipliant le nombre total de femmes par un nombre moyen d’enfant(s) par femme, mais la plupart projettent la fécondité par âge de la mère afin de tenir compte du calendrier de la fécondité et de la structure d’âge des femmes en âge d’avoir des enfants. Enfin, un choix doit également être fait sur la manière de mesurer la fécondité : certains modèles vont intégrer la descendance finale (approche longitudinale ou par cohorte), alors que d’autres vont baser leur modèle sur l’indice conjoncturel de fécondité (approche transversale).

Si l’on remonte à 2008, année à partir de laquelle le modèle de projection de la population de la Belgique a été développé au Bureau fédéral du Plan, la méthode de projection de la fécondité pour les projections nationales de population était alors peu élaborée. Elle se fondait essentiellement sur l’indice conjoncturel de fécondité qui était maintenu constant en projection, dans l’hypothèse d’une absence de bouleversement dans les comportements futurs en matière de fécondité.

L’évolution de la fécondité depuis plusieurs années (décrite dans la troisième section de l’étude), et en particulier depuis 2009, a mis en évidence les faiblesses de la méthodologie retenue, essentiellement pour deux points. Premièrement, les déterminants structurels de la fécondité, en particulier l’augmentation du nombre d’années passées aux études et la progression de la participation des femmes au marché du travail, qui influencent tant le niveau de la fécondité que son calendrier, n’étaient pas pris en compte. Deuxièmement, les facteurs conjoncturels, en particulier la situation économique, qui peuvent influencer le calendrier de la fécondité à court et moyen terme, étaient également peu pris en compte dans le modèle de projection.

L’objectif de ce Working Paper est dès lors de présenter la méthodologie appliquée depuis 2020 dans le modèle utilisé pour la projection de population pour la Belgique. Ces perspectives sont publiées chaque année par le Bureau fédéral du Plan et Statbel. La nouvelle méthodologie considère que la fécondité n’est pas statique et est déterminée à la fois par des facteurs structurels (niveau d’instruction, la participation au marché du travail, etc.) et conjoncturels (le cycle économique, etc.). Ces facteurs sont pris en compte par le biais de trois canaux : (1) l’avis d’experts sur l’évolution à long terme de la fécondité, (2) l’évolution du calendrier de la fécondité obtenu à l’aide du modèle de Schmertmann et (3) les effets de déterminants structurels de la fécondité estimés à l’aide d’un modèle à correction d’erreur.

Intégrer l’avis de différents experts permet de prendre en compte – dans une certaine mesure – l’incertitude quant à l’évolution future de la fécondité. En outre, la prise en compte des éléments structurels permet de déterminer un niveau de fécondité à long terme, relativement stable. Intégrer les éléments conjoncturels de la fécondité permet aussi d’ajuster l’évolution de la fécondité à court et moyen terme en fonction de l’activité économique, et en particulier du taux de chômage. Enfin, l’intégration des paramètres démographiques (dans ce cas-ci l’âge modal) dans la modélisation du calendrier de la fécondité permet de poser des choix transparents sur l’évolution future de ce calendrier, en particulier une poursuite de l’augmentation de l’âge à la maternité.

Le modèle de projection de la population développé par le Bureau fédéral du Plan est déterministe, il se base sur la méthode des composantes (démographiques). Les projections déterministes peuvent être critiquées pour le manque d’informations sur les incertitudes entourant les projections démographiques. Une manière d’aborder cette question est d’assurer la transparence des hypothèses : les résultats de la projection de population sont directement liés au scénario retenu. L’utilisateur des projections doit avoir connaissance de ce scénario pour pouvoir interpréter correctement les résultats de la projection. Ce Working Paper, qui décrit en détail la méthodologie retenue pour projeter la fécondité dans les projections démographiques nationales, contribue aussi à cet objectif.

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